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Côté candidat

Rédiger un CV qu’on lit vraiment

Un CV n’est pas lu : il est trié. Il a quelques secondes pour passer ce tri.

Par , qui recrute au quotidien.

Un recruteur qui reçoit cinquante candidatures ne les lit pas : il les trie. Chaque CV a quelques secondes pour franchir cette étape, et ce n’est qu’ensuite qu’il sera lu pour de bon. Écrire un bon CV, c’est donc d’abord écrire un CV qui passe le tri.

Ce qui est regardé en premier

  • Le titre. Pas « Curriculum vitae », mais l’intitulé du poste visé. Sans titre, le lecteur doit deviner — et il ne devine pas, il passe.
  • Les trois dernières lignes d’expérience. Le reste vient après, s’il y a un après.
  • La cohérence des dates. Un trou non expliqué n’est pas éliminatoire ; un trou qu’on essaie de masquer par des dates floues, si.

Décrire une expérience

La plupart des CV énumèrent des missions — « gestion de », « suivi de », « participation à ». Cela décrit un poste, pas une personne. Ce qui se retient, ce sont les résultats, et de préférence chiffrés.

Comparez : « Gestion du recrutement » et « 22 recrutements menés en 2024, dont 6 cadres, délai moyen de 7 semaines ». La seconde formulation dit le volume, le niveau et la performance — dans le même espace.

Si vous n’avez pas de chiffres, dites l’ampleur : combien de personnes, quel budget, quel périmètre géographique. Tout vaut mieux qu’un verbe vague.

Ce qui fait écarter un CV

  • Deux pages là où une suffit — au-delà de dix ans d’expérience, deux se justifient ; jamais trois.
  • Une adresse électronique fantaisiste, ou un numéro qui ne répond pas.
  • Des compétences notées en étoiles ou en pourcentages : personne ne sait ce que veut dire « Excel 80 % ».
  • Une photo mal choisie. La photo n’est pas obligatoire en France ; si elle n’ajoute rien, retirez-la.
  • Des fautes. C’est banal à dire, et c’est toujours le premier motif d’écart.

Adapter, sans tout réécrire

Un CV par candidature est irréaliste. Un CV par famille de postes est tenable : vous gardez la structure et vous ajustez le titre, l’accroche et l’ordre des trois premières expériences. C’est suffisant dans l’immense majorité des cas.

Et la lettre ?

Elle est de moins en moins lue, mais elle est décisive quand elle l’est — typiquement sur un changement de secteur ou une candidature spontanée. Dans ce cas, une lettre courte qui explique pourquoi cette entreprise-là vaut mieux qu’une page qui paraphrase le CV.

Questions fréquentes

Ce qu’on me demande

Faut-il mettre une photo ?

Rien ne l’impose en France, et elle n’ajoute presque jamais. Si vous en mettez une, qu’elle soit récente, nette et neutre — sinon, elle vous dessert.

Une page ou deux ?

Une jusqu’à une dizaine d’années d’expérience, deux au-delà. Trois pages ne se justifient dans aucun cas courant : elles signalent qu’on n’a pas su trier.

Comment expliquer une période sans emploi ?

En la nommant, brièvement et sans justification. Une ligne suffit. Ce qui inquiète un recruteur, ce n’est pas l’interruption : c’est le silence autour.

Un entretien important approche ?

Une simulation avec quelqu’un dont le métier est de recruter révèle en une heure ce qu’on ne voit pas seul.

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